Chronique / Combattre les croqueurs de patrimoine

Rencontre avec Marion ABOT, entomologiste, spécialiste des dégradations du Patrimoine.

Que l’on soit conservateur, restaurateur, ébéniste, plumassier, bibliothécaire, galeriste, ou encore encadreur… on constate la dégradation des multiples matériaux utilisés dans la conception d’objets et d’œuvres d’art, ainsi que de leurs écrins (papiers, bois, plumes, peaux… )
Nombre de mes collègues, fournisseurs, ainsi que mes clients collectionneurs, tout comme la majorité des institutions nationales (Musée des arts décoratifs, centre Pompidou, Musée du Quai Branly, Mobilier National, Château de Versailles, Archives, etc…) ont eu à déplorer à un moment ou à un autre des invasions d’insectes.

La société ENTOMAUX LOGIQUE m’a apporté un éclairage passionnant sur le sujet de la désinsectisation des bois en particulier.
Voici un aperçu de cette formation.

La désinsectisation des bois

Tous les fournisseurs, en Europe et ailleurs, sont tenus de traiter les bois avant que leurs produits ne pénètrent sur un autre territoire. Le but de ces traitements étant d’éviter l’exportation et l’invasion d’une espèce d’insectes vers un nouveau lieu.
Les traitements en étuve permettent une désinsectisation à cœur. Ils ne sont pas pour autant définitifs. En effet, lorsqu’un container de bois quitte le lieu de traitement, il peut être à nouveau attaqué par des insectes (vrillettes, lyctus…) dans un nouveau lieu de stockage au bout de quelques mois, ou quelques années, selon les lieux, les variations hygrométriques, etc….
L’infestation ne peut être détectée parfois qu’au bout de plusieurs années selon le type de larves.
Ainsi, une livraison de bois traité provenant d’Italie en Février, peut transiter dans plusieurs lieux avant d’arriver chez un fabricant de moulures. Puis elle est stockée plusieurs mois (ou plus) avant d’être transformée en baguettes d’encadrement, puis en cadre. A tout moment, dans tous les lieux, malgré le traitement initial, ce bois peut être contaminé par des insectes d’avril à fin septembre (en Europe). Dans certains cas, la présence d’insectes n’est repérable qu’au bout de 6 mois (lyctus) à 3 ans (vrillettes)…

Limiter les risques d’invasion

Dans le cas d’un atelier comme l’Atelier Glaz, pour limiter les risques d’invasions d’insectes, il est préférable de :

  • travailler uniquement avec des fournisseurs européens
  • ne pas utiliser des cadres chinés sur des brocantes
  • ne pas racheter de stocks à des confrères sans garantie d’origine.

Cela peut s’avérer insuffisant, mais il est difficile de faire plus pour une petite structure.
En cas de suspicion d’insectes xylophages: prendre des photos, jeter le cadre, prévenir le fournisseur. Inspecter tout le stock de l’atelier. Contacter une société comme Entomaux Logique si besoin.

Traitement des baguettes

L’application d’un produit comme le XYLOPHENE permet d’empêcher les femelles insectes de pondre, mais seulement pendant un temps. Par ailleurs, si les larves (invisibles) sont déjà à l’intérieur, ce produit s’avère inutile.

Le seul procédé insecticide efficace, mais très contraignant est l’ANOXIE (dynamique ou statique). Il s’agit de privation d’oxygène à but insecticide.
Dans le cadre d’éléments peu volumineux : l’ANOXIE STATIQUE est la technique la plus écologique et la plus « abordable ».
C’est un procédé long (au moins 21 jours), qui nécessite un environnement dédié, dont la température doit être maintenue à 21°, et qui requiert un matériel spécifique et un savoir-faire complexe.

Attention: cela demeure un traitement curatif, et non pas préventif , car il ne permet pas à l’objet/l’œuvre de demeurer sain sur le long terme. Ce n’est pas un traitement définitif.

Il est donc impératif de s’en remettre à un entomologiste spécialisé pour déterminer la solution de traitement en cas d’infestation quel que soit le matériau concerné.

Remerciements

Je remercie Marion ABOT pour l’excellence de sa présentation. C’était captivant et particulièrement bien organisé.


La Société ENTOMAUX LOGIQUE en bref…

Une société spécialisée dans l’entomologie patrimoniale, elle se focalise sur les “croqueurs du patrimoine”.
Cette société conseille et apporte des solutions en conservation préventive et curative relatives aux nuisibles du patrimoine (insectes, rongeurs, moisissures…), quelques soient les matériaux infestés.

  • Le bois est attaqué par des insectes xylophages comme la petite vrillette ou le capricorne des maisons.
  • Les matières organiques animales (comme la laine, les plumes ou le cuir) sont victimes des mites des textiles, des anthrènes ou encore des attagènes
  • D’autres insectes vont profiter d’un désordre climatique pour proliférer dans certains espaces de conservation et provoquer là également des dégats. (papiers, livres, etc…)

Marion ABOT, vous aide à :

  • Identifier le problème
  • Agir contre les croqueurs du patrimoine
  • Préserver vos biens

AVEC COMME OBJECTIF :
Trouver la solution la plus appropriée pour la préservation du patrimoine, face à n’importe quel nuisible, dans n’importe quel environnement

Contact:
Marion ABOT: marion.abot@entomaux-logique.fr

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